Concours d’écriture

Toutes nos félicitations à Louis Sénicourt, élève de 5C ! Le samedi 24 mars, au musée de Cassel, il a obtenu le quatrième prix au concours d’écriture « la voix des portraits », organisé par la Villa Marguerite Yourcenar !

Le sujet du concours était le suivant : Tu te promènes dans le musée de Flandre qui organise une exposition sur la représentation de la figure humaine aux 16e et 17e siècles : « La figure ou le reflet de l’âme ».

Plusieurs portraits semblent presque vivants : on devine la personnalité et les émotions intimes des modèles.Ton regard est soudain attiré par l’un des tableaux: le personnage s’anime sous tes yeux et se met à parler…

Fais parler le personnage du tableau. À qui parle-t-il ? De qui / de quoi parle-t-il ? Que dit-il ? Comment parle-t-il ? À toi de choisir.

Et voici la rédaction qui a permis à Louis de gagner :

Ce dimanche après-midi, ma mère m’a obligé à l’accompagner au musée de Cassel. Encore ! Elle veut développer ma culture… Alors, obligé, je la suis dans les allées du musée de Flandre.

Qui, à 12 ans, peut s’intéresser à ces visages ? On ne peut pas vraiment dire qu’ils sont beaux. La rieuse me fait même peur. Je ne voudrais pas l’avoir sur un mur de ma cham… :

« – Ohé ! Ohé ! Y a quelqu’un ? Ohé ! Ohé ! Toi, le petit… tu m’entends ? »

On susurre à mon oreille ? Je me retourne. Ma mère me fait une blague. Personne. Je suis seul face à ce Portait de dame âgée.

« – Oui, toi. Tu n’entends pas ma voix ? Tu es sourd ? Pourtant, je suis bien devant toi. Je suis Camille de Caen. Et voici Nestor, mon fidèle chien. Il est moins volubile que moi. Je parle pour nous deux. »

Un tableau qui parle. C’est impossible.

« – T’es bête ou quoi ? Pourquoi nous regardes-tu comme ça ? J’ai un accent qui ne te plaît pas ? Où sommes-nous ? On nous a mis dans une boîte il y a plusieurs jours et nous n’avons vu la lumière qu’hier. Approche. Je ne te mangerai pas. »

Sa voix ne me rassura pas. Bien au contraire. Que me voulait-elle ?

« – Nestor, je crois que cet enfant n’a pas de langue. Il semble un peu idiot avec cette bouche ouverte, à nous regarder.

  • C’est vous qui me parlez ?
  • Que veux-tu ? On est enfermé depuis plusieurs siècles dans ce cadre. Alors, on s’amuse comme on peut. Et j’ai du bagou. J’aime parler avec les visiteurs, sinon je m’ennuie. Comment t’appelles-tu ?
  • Lou… Lou… Louis
  • Comme les rois de France ? Es-tu un descendant de Louis XII ? Moi, j’habite à Caen. Je suis veuve et je n’ai pas eu la chance d’avoir des enfants. J’ai eu l’idée de faire faire un portrait de moi-même et de mon Nestor. Depuis, nous voyageons incognito.
  • Louis ! »

Tout à coup, je sursaute :

« – Ah Louis, tu es là. Ton petit-déjeuner est prêt. Tu vas être en retard au collège. «

Tout cela n’était qu’un mauvais rêve. Je ne suis pas prêt d’aller à Cassel voir cette exposition dont maman m’a parlé hier soir !

Louis Sénicourt, 5C, Collège du Houtland, Wormhout